Ecrits / Carnets

se questionner

retrouver et réinventer nos us et coutumes

partir de l’existant

et s’approcher au plus près du vide


Mon engagement de sculpteure est lié à une pratique plastique alliant gestes ancestraux et contemporains.


La sculpture en taille directe m'amène à interroger les formes, les matériaux, l'espace et le corps. 


Je me confronte à différents lieux de travail, m’obligeant ainsi à vivre des turbulences notamment dans mes croyances.  

Je peux par exemple m’installer dans mon atelier plusieurs heures, comme en extérieur plusieurs jours.  

 

Les résidences artistiques, qui peuvent être courtes ou longues, en terres familières ou étrangères, me permettent également ces moments de rupture.

Inciser dans mes certitudes, sortir de mes gestes familiers qui me rassurent parfois, et qu’on a tendance à capitaliser, pour libérer les énergies vitales à la sculpture.


L’expérience du vide est nécessaire pour l’autonomie de la forme.

Son « être au monde » .

En effet, comment se mettre en condition pour se perdre ? Pour nous permettre de nous dépasser, de nous libérer ? Pour que la sculpture prenne sa place. Pour sortir du trop appliqué, éduqué, du mental et du démonstratif.

Je conçois la sculpture généreuse, ouverte, qui propose une expérience, qui permet de sentir les risques pris par le sculpteur.
Pour cela, un dépouillement doit se faire à chaque instant, pour pouvoir à un moment, atteindre autre chose :  un équilibre nouveau, une tension, …en lien avec le vivant, pour permettre un échange.

Proposer une lecture du monde.

 

Dans mon travail je questionne les liens qui nous unissent à la terre.

Je cherche une confrontation au sauvage, celui que nous portons, celui qui nous remet les mains dans la terre.

Je marche, j'écris, pour nettoyer, pour absorber, pour ressentir, et aller à l'essentiel.

La marche me permet les silences. 

 

J'ai besoin de travailler dans des lieux différents où peuvent se développer d'autres gestes.

Je cherche des gestes d'avant, un temps ancien, que confronte à ceux d'aujourd'hui.

Surgir les formes  inscrites dans notre corps, dans le monde.

Il s’agit d’un rapport au monde.

Un désir de retrouver des gestes : ceux pour se nourrir, se vêtir, s’abriter, se déplacer, dormir, se soigner.

© 2023 par Corinne Baud

© Copyright 2023 - Corinne Baud